La Norvège ne sera pas seulement cliente du Leopard 2A8 : elle en assemble désormais une partie sur son territoire. KNDS annonce le démarrage officiel de la production à Levanger le 15 octobre 2026, avec son partenaire norvégien Ritek. L’installation doit réaliser 37 des 54 chars commandés pour l’armée norvégienne. Derrière l’achat de blindés, c’est donc aussi une capacité industrielle locale qui prend forme. [1]
Ce lancement intervient plusieurs mois après l’inauguration des infrastructures, fin avril. La distinction compte : ouvrir un bâtiment et disposer des équipements nécessaires précède la mise en production. Dans son communiqué de mai, KNDS annonçait précisément un démarrage à l’automne. Le rendez-vous d’octobre correspond à cette seconde étape, une fois les préparatifs achevés. [2]
37 chars à Levanger, 17 en Allemagne
La commande de 54 Leopard 2A8 NO, la version destinée à la Norvège, repose sur une répartition entre les deux pays. Ritek doit assembler 37 exemplaires à Levanger, tandis que KNDS en produit 17 en Allemagne. Le site norvégien n’est donc ni chargé de toute la commande ni une simple structure d’entretien ajoutée après les livraisons : il participe à la réalisation des nouveaux chars.

Source : Annonce industrielle de KNDS.
Les livraisons et la production locale suivent toutefois des calendriers distincts. KNDS a annoncé la remise des deux premiers Leopard 2A8 NO à l’armée norvégienne le 30 avril 2026, avant le lancement de Levanger. Ce jalon documente le début des livraisons, pas le nombre de chars dont dispose aujourd’hui l’armée. Il montre surtout que la réception des premiers véhicules n’était pas suspendue au démarrage de la ligne norvégienne. [2]
Une ligne d’assemblage doublée de moyens d’essai
Pour un pays qui renouvelle ses blindés, l’intérêt de Levanger dépasse le lieu où les véhicules sont assemblés. Ritek est un spécialiste norvégien du service et de la maintenance des systèmes de véhicules. L’implantation associe ainsi un industriel déjà tourné vers leur soutien à la production d’une nouvelle génération de chars. Elle crée un point d’appui local pour les compétences et les équipements nécessaires à ce programme.
KNDS décrit une infrastructure intégrée de production et d’essai, réalisée en 18 mois. Elle comprend notamment des pistes à forte pente et un bassin d’immersion. Ces installations donnent une dimension concrète au partenariat : assembler des véhicules lourds suppose aussi de pouvoir les éprouver sur place. Cette capacité locale ne se confond pas avec une indépendance sur l’ensemble des composants, dont les communiqués ne détaillent pas l’origine. [2]
L’industriel annonce une capacité allant jusqu’à 36 chars par an. C’est le potentiel présenté pour l’installation, non un rythme de sortie déjà constaté. Le chiffre permet de comprendre la dimension de l’outil, mais pas de calculer une date de livraison des 37 exemplaires norvégiens. Le passage du premier assemblage à une cadence régulière reste une étape industrielle à part entière. [1]
Le débat de 2023 portait aussi sur les autres priorités
Le programme accompagne le renouvellement des blindés de l’armée norvégienne, mais son origine ne se résume pas à un consensus sur le nombre de chars. Avant la décision annoncée en février 2023, le chef des armées Eirik Kristoffersen avait recommandé de privilégier d’autres achats. L’enjeu était la répartition des moyens de défense, notamment face aux enseignements de la guerre en Ukraine. [3]

Source : Photographie originale · CC BY 2.0.
Son entretien à NRK, le 3 février 2023, apporte une nuance essentielle. Kristoffersen y accueille positivement la décision et se félicite du choix de 54 chars plutôt que 72, un volume qui avait été discuté. Il explique que cet arbitrage laisse aussi des moyens pour les feux à longue portée, la défense aérienne et les drones. Présenter aujourd’hui Levanger comme le désaveu d’un chef militaire resté hostile aux chars effacerait cette évolution, exprimée dès l’annonce de l’achat.
Le choix d’une famille de chars déjà présente chez les voisins
L’argument de la coopération était lui aussi explicite en 2023. Lors de la présentation de l’achat, le gouvernement norvégien soulignait la proximité avec les chars utilisés en Suède, au Danemark et en Finlande. Il s’agit de la famille Leopard, pas nécessairement de la même variante que les nouveaux 2A8 NO. Le choix rapproche donc la Norvège de partenaires déjà familiers de cette plateforme. [3]
Levanger ajoute un volet industriel à cette orientation militaire : la coopération avec l’Allemagne passe désormais aussi par une ligne de production norvégienne. Pour KNDS, le site doit contribuer à l’augmentation de ses capacités de production. Pour la Norvège, il inscrit une partie du renouvellement de ses blindés dans un partenariat avec Ritek, sur son propre territoire. [2]


