Plus de 700 soldats et 150 véhicules : c’est le format annoncé par Sud Ouest pour Aliénor 2026, l’exercice en terrain libre que la 9e brigade d’infanterie de marine prépare dans le Sud-Ouest. La manœuvre doit commencer le 23 octobre et concerner notamment la Dordogne, entre les secteurs de Cognac, Montbron, Périgueux et Coutras. Les habitants pourront donc voir des militaires évoluer ailleurs que dans un camp. [1][2]
L’annonce municipale d’Angeac-Charente donne un ordre de grandeur plus précis : près de 750 militaires et environ 150 véhicules tactiques. Le sujet dépasse ainsi le seul passage de blindés sur les routes. Qu’apporte un entraînement au milieu du territoire civil, et que sait-on des mouvements annoncés ? [2]
Un exercice annoncé dès le 23 octobre, sur une zone plus large que la Dordogne
La commune d’Angeac-Charente a informé ses habitants le 10 septembre d’un exercice de la 9e brigade d’infanterie de marine, appelé « ALIENOR 26 », se déroulant principalement en secteur civil. Elle indique que des unités se déploieront et stationneront dans une zone délimitée par plusieurs repères : [2]
- le sud-est de Cognac et le sud d’Angoulême, en Charente ;
- Montbron, également en Charente ;
- l’ouest de Périgueux, en Dordogne ;
- Coutras, en Gironde ;
- Bussac-Forêt, en Charente-Maritime.
Ce périmètre décrit une aire de manœuvre, pas un itinéraire de convoi. Il n’annonce donc ni un passage dans chacune de ces villes ni une présence simultanée sur l’ensemble de la zone. Angeac-Charente précise, pour sa part, faire partie des communes concernées. [2]
Les deux annonces ne donnent pas exactement la même date de fin : Sud Ouest mentionne le 29 octobre, tandis que l’information municipale prévoit une période allant du 23 au 30 octobre 2026. Le départ du 23 octobre est commun aux deux calendriers. Pour les riverains, l’avis local couvre donc une journée supplémentaire. [1][2]

« Terrain libre » : sortir du camp change les contraintes
L’expression ne désigne pas une zone laissée sans règles. Dans sa présentation de l’exercice Vulcain en octobre 2025, l’armée de Terre définit le terrain libre comme un entraînement hors des camps militaires. Pour Aliénor, la mairie d’Angeac-Charente emploie une formulation concrète : l’exercice se déroulera principalement « en secteur civil ». [2][3]
L’intérêt militaire est de travailler dans un environnement qui ne se réduit pas à des installations dédiées à l’entraînement. Les déplacements, les stationnements et la coordination des unités doivent s’inscrire dans un territoire habité. La présence de nombreux véhicules rend cette dimension immédiatement visible, mais le chiffre de 150 ne dit pas à lui seul comment les unités seront organisées.
Un précédent documenté dans la même région aide à comprendre ce choix. Dans son compte rendu du 4 avril 2025, le ministère des Armées décrit Balerit, un exercice ayant réuni près de 600 militaires d’active et de réserve au milieu de la population civile. Des unités de la 9e brigade y participaient, avec notamment le 1er régiment d’infanterie de marine et des moyens de la base aérienne de Cognac. [4]
À Balerit, le ministère rapporte du renseignement, des franchissements, du ravitaillement et des incidents joués par la direction de l’exercice pour solliciter la réaction des participants. Ces activités appartiennent à ce précédent de 2025 : elles illustrent ce que permet un entraînement en terrain libre, sans constituer le programme annoncé d’Aliénor 2026. [4]
Les véhicules annoncés ne sont pas tous des blindés
L’avis municipal cite des blindés légers, des camions et des camionnettes tactiques. Il prévient aussi que les habitants pourront entendre des drones. Le total d’environ 150 véhicules ne doit donc pas être lu comme un nombre de chars ou de véhicules de combat identiques. Aucun modèle précis de blindé n’est nommé dans cette annonce. [2]

Crédit de la photographie d’illustration : © Marie-Lan Nguyen / Wikimedia Commons — CC BY 2.5. Source : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:9th_Light_Armoured_Marine_Brigade_Bastille_Day_2013_Paris_t114100.jpg ; licence : https://creativecommons.org/licenses/by/2.5/ . Recadrage très léger au format 3:2, réduction à 1200 × 800 et conversion WebP.
Cette diversité rappelle une dimension moins spectaculaire de la préparation militaire : faire circuler et soutenir une force. Déplacer des soldats, des équipements et leurs moyens de soutien relève d’un travail collectif. À Balerit, l’armée de Terre mettait précisément en avant la coordination entre unités et l’intégration des réservistes dans les pelotons d’active. [4]
La réserve se prépare aussi au sein d’unités constituées
Sud Ouest annonce la participation de militaires d’active et de réserve. Cette association s’inscrit dans une organisation plus large : la direction des ressources humaines de l’armée de Terre distingue notamment les réservistes intégrés individuellement à des états-majors et les unités constituées rattachées aux brigades de combat. Elle décrit aussi leur contribution à la protection du territoire. [1][3]
Dans l’exemple de Balerit, les réservistes avaient été intégrés aux pelotons de combat d’active pour développer des réflexes communs. L’enjeu est concret : des militaires qui ne servent pas tous à temps plein doivent pouvoir agir ensemble avec des procédures partagées. Pour les habitants d’Angeac-Charente, la traduction la plus immédiate d’Aliénor reste celle annoncée par leur mairie : des véhicules militaires susceptibles de circuler et de stationner dans la zone de l’exercice à partir du 23 octobre. [2][4]




